La team de subbers : hiérarchisée, organisée, passionnée

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Family Guy par limowreck666 via Flickr, CC

Sous-titrer des séries afin qu’elles soient disponibles en ligne 24 heures après leur diffusion dans leur pays d’origine demande une organisation sans faille. C’est la raison pour laquelle les fansubbers se répartissent en teams. Nous avons tenté de comprendre leur mode de fonctionnement en nous appuyant sur l’exemple de l’une d’entres elles, la Giggity Team.

Ils se surnomment Määsk, Etyen8, Kakiharaa et benji1000. Ils ont entre 18 et 24 ans, et sont quatre des dix membres que compte la Giggity Team, spécialisée dans les sous-titres de Family Guy, Weeds, Cleveland Show et The Big Bang Theory. Leur mission : mettre en ligne ces séries avec leurs sous-titres le plus rapidement possible après leur diffusion aux Etats-Unis.

La répartition des rôles

Première découverte : une team est extrêmement bien organisée, avec une hiérarchie et une répartition des rôles bien nette. A la tête de la Giggity Team se trouve Benji1000, fondateur et gérant de l’équipe. C’est lui qui divise les épisodes en quatre parties et réparti ensuite ces "quarts" entre autres les subbers.

Dès qu’ils ont reçu la partie dont ils ont la charge, Määsk, Etyen8 et Kakiharaa s’occupent de la traduction (adaptation des jeux de mots, retranscription des expression anglophones…) et de la synchronisation (dernière étape qui consiste à caler les sous-titres sur les temps de paroles, en respectant les changements de plans, et surtout les changements de scènes). "Je m’occupe de la traduction du transcript de l’anglais au français en m’assurant que ma traduction correspond au temps de parole", détaille ainsi Etyen8.

Une fois ce travail effectué, les textes reviennent vers Benji1000. Celui qui est étudiant ingénieur informatique dans la vie les relit, élimine les dernières erreurs et les publie sur le forum du site. Mais son rôle ne s’arrête pas là, puisqu’il s’occupe également de former des jeunes qui souhaitent intégrer l’équipe.

Les débuts dans une team

Une team se créé toujours à l’initiative d’un internaute. Dans le cas de la Giggity Team, c’est benji1000 qui a lancé le mouvement :

"J’ai découvert la série Family Guy, et j’étais déçu de ne pas trouver de bons sous-titres de qualité. La série étant peu connue en France, elle n’intéressait ni les ayants-droits pour sortir les DVD, ni les sous-titreurs en général. J’ai fait un appel aux gens qui voulaient m’aider sur le forum de seriessubs, certains m’ont répondu et l’équipe a grossi… "

Evidemment, ce genre d’initiative part rarement d’un novice du fansubbing. Avant de lancer sa propre team, benji1000 avait déjà fait parti d’une équipe qui a aujourd’hui disparu : les Subbers in Black. A l’époque, il réalisait les sous-titres de Chuck et de Aliens in America.

Une fois la team créée, les internautes font part de leur intérêt via les forums. Dans le cadre de la team Giggity, les membres étaient être des fans de la série d’animation américaine Family Guy avant de se connaître. C’est donc tout naturellement qu’ils se sont regroupés pour assurer le sous-titrage de ce show.

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Capture d’écran : sous-titrage d’un épisode de Family Guy

Pour intégrer une team, un fansubber doit proposer sa candidature, toujours sur la base du volontariat. "J’ai rejoint cette team par le biais de son site sur lequel j’ai postulé. Je suis ensuite entré en période de test assisté par les anciens de l’équipe", explique Kakiharaa.

Un nouveau venu ne devient cependant pas immédiatement fansubber à part entière : il passe par une phase de formation, et devient Juk’qi (comprendre apprenti). Leur travail est relu par les subbers confirmés de la Giggity Team, qui vont ensuite leur faire des remarques sur une partie du forum spécialement dédiée aux corrections et accessible uniquement aux membres de l’équipe. Le but : faire en sorte que les nouveaux membres s’améliorent rapidement, et maintenir la qualité du sous-titrage amateur.

Capture d’écran : relectures et corrections d’un sous-titrage

Des internautes mus par la passion des séries… et de l’anglais

Un fansubber est un amateur de série, c’est un fait. Mais beaucoup expliquent également exercer cette activité par passion pour la langue anglaise. Benji 1000 explique ainsi aimer "pouvoir apprendre à mieux parler anglais apprendre des choses sur la culture anglophone…". "Je cherchais un moyen de travailler mes connaissances linguistiques", confirme Määsk, spécialiste des traductions des jeux de mots et des expressions anglophones de la team.

Autre fait marquant : un fansubber a beau travailler pour les sériesvores, il n’en reste pas moins un fan de série. Il n’est donc pas question de se gâcher le plaisir au moment de la phase de sous-titrage :

"J’essaie de prendre les premières parties d’épisodes pour ne pas me spoiler la fin, explique ainsi Kakiharaa. Je regarde toujours les épisodes qu’on a sous-titré une fois finis, parce que lorsqu’on travaille, l’histoire est trop hachée pour en profiter.”

Illégal, vous avez dit illégal ?

Quand à la question de l’illégalité de leur activité, elle ne semble pas les inquiéter outre mesure. "Je ne savais même pas que la pratique était illégale, mais je comprend qu’elle le soit", explique Kakiharaa. Määsk confirme avoir déjà entendu que des boîtes de production avait exercé des pressions sur certains groupes de fansubbers, mais avoue n’avoir jamais été inquiété personnellement.

"On a reçu une lettre de menaces de la Warner il y a quelques années, pas adressée à notre équipe en particulier, mais à toutes les équipes, raconte benji1000. Nous avons rapidement compris que c’était du flan et qu’il s’agissait simplement de l’initiative personnelle d’un juriste zélé, sans volonté d’aller plus loin, On n’a plus jamais eu de menaces.”

"La boulimie du sous-titreur", portrait d’une fansubbeuse

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Crédit photo : Capture d’écrans - Le profil de mpm liste les nombreuses teams dont elle fait partie

Dorothée fait partie de la grande communauté des fansubbers. Sous le pseudonyme de mpm, depuis 5 ans, la trentenaire sous-titre des productions anglophones. Au sein du collectif de fansubbers “La Fabrique”, elle a collaboré à plus d’une quarantaine de séries. Les dernières en date? Life’s Too Short, Girls, Eastbound & Down, et Trueblood.

J’ai commencé parce que j’aime les séries américaines, mais les sous-titres que je trouvais étaient bourrés de fautes et cela m’horripilaient. Au plus fort de mon activité, je sous-titrais 12 épisodes par semaine! En ce moment, le fansubbing me prend 8 à 10 heures par semaine, mais à une certaine époque, cela me prenait 8 à 10 heures par jour, entre les traductions et les relectures de la team. C’est réellement addictif. On se lance, et on en fait toujours plus, pour l’équipe, pour le défi du bon mot. On appelle cela “la boulimie du sous-titreur” entre nous, on a même ouvert un sujet sur le forum à ce propos.

  • Réussir à concilier passion des séries et vie professionnelle 

Une vraie drogue que Dorothée arrive pourtant bien à accorder avec sa vie privée et professionnelle. Travailleuse indépendante, elle est développeur web et écrit pour un quotidien régional. Des activités qui lui permettent d’oragniser ses journées comme elle le souhaite. “Bien sûr, parfois le fansubbing prend le pas sur la vie privée. Mais mon compagnon sait ce que je fais et il s’en accomode.” Arrêter? “J’y ai déjà pensé, et je le ferai le jour où sous-titrer ne m’apportera plus aucun plaisir.

En attendant, Dorothée lève le pied. Si elle sous-titre moins de séries, la jeune femme continue à prendre ses reponsabilités au sérieux. “Je suis responsable de team, je fais la relecture générale.” La qualité des sous-titres est une revendication partagée par toute la communauté des fansubbers.

  • Des traductions de qualité, mais avec humour

Chercher le bon mot, la bonne expression fait partie du jeu pour ces fans un peu particuliers. Dorothée explique par exemple que “pour faire des sous-titres, mieux vaut être bon en français qu’en anglais! Parfois, on renomme une équipe juste pour une série, parce que l’on trouve un bon jeu de mot”.

Notre collectif ne fait pas du tout du fastsub et je ne suis pas pour cette pratique. On peut faire de bons sous-titres et les sortir quand meme le meme jour que la diffusion de la série.

 De la concurrence déloyale aux professionnels de la traduction? Pas du tout. “C’est un service complètement différent. Celui qui veut acheter un DVD d’une série, il le fera de toute de façon. J’ai moi-même des collections de DVD”, justifie-t-elle.

Dorothée ne ressent pas d’inquiétude du point de vue légal non plus. “On n’héberge plus les sous-titres sur notre forum, nous ne faisons plus qu’y discuter de séries. Personnellement, je n’ai jamais été inquiète, mais cela permet au forum d’éviter les problèmes avec les majors.

  • Une aventure humaine

Et si il y a parfois eu des problèmes, c’est plutôt entre les membres eux-mêmes. “Comme dans toute communauté, il m’est déjà arrivé de devoir gérer les susceptibilités de chacun. Il y a des gens qui ne supportent pas que l’on touche à leurs sous-titres par exemple.

Mais l’aventure humaine du fansubbing lui a aussi permis de créer de vrais liens avec d’autres membres. “Je vis en Auvergne, et j’ai rencontré des gens de toute la France. Dans une semaine, on va fêter le jour de l’An à Carcassonne, on est une dizaine et on s’est rencontrés grâce au fansubbing.

"Les fansubbers représentent une nuisance pour la réputation de notre travail"

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Indistinct Shout par Jinx! via Flick, CC

Dans le monde du sous-titrage professionnel, le dévouement des fansubbers n’est pas franchement apprécié. Pour beaucoup, cet amateurisme manque de qualité et porte préjudice à l’image d’un métier dont la rigueur est l’une des marques de fabrique.

"Le fansubbing, c’est comme ces gens qui achètent des machines à pain pour en faire chez eux. Nous sommes des professionnels, nous avons cinq ans d’études et des années d’expérience. Les fansubbers ne peuvent pas en dire autant."

En quelques phrases, Sylvestre Meininger, membre de l’Association des Traducteurs et Adaptateurs Audiovisuel (Ataa), résume le problème auquel se heurtent les professionnels du sous-titrage depuis l’arrivée des fansubbers, il y a une petite dizaine d’années : devoir faire face à la concurrence d’internautes qui proposent le même service, mais gratuitement et la qualité en moins.

"Du travail d’amateur"

C’est donc tout naturellement que les sous-titreurs professionnels voient d’un mauvais œil la concurrence de ces sérievores, dont ils dénoncent la concurrence déloyale et le manque de rigueur.

"Cela reste du travail d’amateur, il y a souvent des imprécisions, des fautes qui dénotent d’un manque de culture générale, de culture de la langue et des pays", expliquait à FTVi Lina, qui a travaillé sur le sous-titrage DVD de la série américaine The Walking Dead. “J’ai vu peu de séries sous-titrées par des fansubbers, mais à chaque fois que je suis tombé dessus, le repérage était mauvais, l’adaptation pas bonne”, ajoute Jean-Pierre Pincot, dirigeant d’une entreprise de sous-titrage privée, Médiasolution.

Le travail de sous-titrage est fastidieux : "Il y a un véritable travail d’adaptation à faire : on ne lit pas un texte aussi vite que l’on entend son contenu", ajoute ce technicien qui explique qu’un dialogue de série ou de film ne doit pas simplement être traduit puis collé sur une image. Le temps de lecture d’un sous-titre doit correspondre au temps de parole d’un acteur, d’où l’importance du choix des mots et de la synchronisation du texte. Un travail que seuls des professionnels parviendrait à faire correctement, selon Jean-Pierre Pincot.

Pour le traducteur Sylvestre Meininger, un professionnel apportera une rigueur qui manquera toujours aux traducteurs amateurs : “La traduction, ce n’est pas traduire des mots, c’est traduire du sens. Je n’ai jamais vu de sous-titre de fansubber qui ait compris cela. Ce sont juste des gens qui traduisent des mots. Ils ne se demandent pas ‘Qu’est-ce qu’on veut me dire ?’, mais s’arrêtent à ‘Qu’est-ce qu’on me dit ?’”

"Ils ne sont pas formés, ils ne respectent pas les normes", ajoute Jean-Pierre Pincot, qui explique également se méfier de gens travaillant avec des logiciel open sources : “Il y a un support technique dans le payant que l’on ne trouve pas ailleurs : le gratuit présente beaucoup de défauts.” Les internautes utiliseraient en effet des logiciels - comme subtitle workshop par exemple - disponibles gratuitement en ligne, mais qui n’offriraient pas autant d’options (mise en forme du texte, synchronisation entre le texte et l’image) et ne donneraient pas d’aussi bons résultats que les outils payants utilisés par les professionnels.

Une activité nuisible aux professionnels et aux amateurs de série

"Les fansubbers représentent une nuisance pour la qualité de notre travail", résume Sylvestre Meininger, qui pense même que leur activité ne pénalisent pas que les professionnels du sous-titrage, mais aussi les amateurs de série en général.

En effet, ce piratage ne rendrait pas service à ceux qui attendraient sagement la diffusion télévisée de leur émission préférée, puisque les chaînes de télévision auraient les moyens de traduire rapidement une série, mais seraient freinées par le piratage. Déjà en proie à des difficultés financières, chaînes et distributeurs renâcleraient en effet à mettre des sous dans le sous-titrage d’un show que les gens auraient déjà vu en ligne, comme l’explique Sylvestre Meininger. 

Un point de vue à nuancer, quand on sait que„ en 2010, TF1 avait décidé de traduire et de diffuser la série Heroes 24 heures après sa diffusion américaine, comme l’explique un internaute dans les commentaires d’un article de Rue89 consacré à ce sujet. Une initiative qui avait à l’époque découragé les fansubbers de traduire la série.

L’autre crainte réside dans le fait que certains, dans le milieu du sous-titrage professionnel, craignent que le travail des fansubbers, malgré son côté amateur, soit jugé suffisant à l’avenir. Pour l’instant, dans le cas d’une diffusion télé, "ce genre de sous-titrage est refusé", explique Jean-Pierre Pincot, inquiet pour les années à venir :

"Un manque de rigueur a déjà touché la partie technique de l’image et du son. Pourquoi cela ne toucherait pas les sous-titres ? Le client est de moins en moins regardant. On constate avec internet qu’à la télévision, on s’est permis de diffuser depuis les années 2000 des choses immontrables dans les années 90. Aujourd’hui, la rigueur est moins présente qu’avant."

Au point d’imaginer que les chaines de télévision finissent par faire appel à des fansubbers pour leurs sous-titres dans les années à venir ?

Le fansubbing au secours des fans de culture japonaise

Karamaker, romaji, OAV. Ces termes ne vous évoquent peut-être rien mais ils sont employés chaque jour par les fansubbers de séries d’animation japonaises. Ne les cherchez pas sur les forums de séries, ces traducteurs d’animes forment un cercle d’adeptes bien particuliers.

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Crédit photo : “Note du traducteur : Meuh signifie Meuh”, Les échecs du sous-titrage d’animes, par gamez516

  • Des postes bien spécifiques pour des sous-titres haut en couleur

Les fansubbers d’animes forment une communauté dans la communauté. Ces passionnées français de mangas et d’animation japonaise ont leurs propres règles et leurs propres codes.

Là où les fansubbers de série ont établi des chartes très sobres, quasi-professionnelles, les fans de culture nippone produisent des sous-titres plus colorés et artistiques. Les passionnés chantent souvent avec les longs génériques des séries, qui comportent des paroles.  

Ceux-ci ont donc créé le poste de “karamaker”, littéralement “celui qui fait le karaoké”, pour traduire et mettre en scène les chansons du générique. Comme au karaoké, les paroles, adaptées en romaji (du japonais en caractères romains), s’illuminent en couleur au fur et à mesure. Elles sont souvent également traduites en français, pour faciliter la compréhension.

Les effets colorés ne sont pas l’essentiel pour tous les fansubbers d’animes. Le responsable de la YS Team explique que “faire des kara, tous beaux, tous mignons, ce n’est vraiment pas indispendable”. Un membre de l’équipe renchérit : “c’est surtout pour se donner un genre”.

Pour ces fansubbers, l’important reste la qualité du sous-titre. Un travail de presque professionnel qui leur a permis de démocratiser les animes auprès d’un public occidental. La plupart de ces séries ne sortiront en effet jamais en France. Pour les studios de production asiatiques, le fansubbing est donc le seul moyen de contenter les fans et de se faire connaître en Europe.

  • L’habitude d’un mauvais doublage en français

Comme leurs homologues qui sous-titrent les séries américaines, les fansubbers d’animes ont également un certain militantisme en faveur d’adaptations plus fidèles à l’original, même si la traduction française se fait souvent à partir de l’anglais (peu d’équipes ont un traducteur qui parlent japonais). Tous déplorent que le caractère violent ou sexuel de certains animes soit souvent censuré en version française.

Contrairement au Japon, où les animes s’adressent à différents publics, les chaînes françaises rachetaient les droits pour une diffusion dans des émissions pour enfants. Or, certaines scènes pouvaient choquer un public jeune. Celles-ci étaient alors coupées ou doublées avec des dialogues qui n’avaient plus grand chose à voir avec l’original.

Et les exemples du mauvais doublage français sont légions au début des années 90 en France. Nicky Larson, héros de la série éponyme, se rend ainsi dans des “restaurants végétariens”, alors que dans la version originale le garde du corps va en réalité dans des love hotels. Dans Ken le Survivant, Hokuto no Ken en version japonaise, le doublage foisonne de jeux de mots douteux, comme ceux désignant “l’héritier du hokuto de cuisine”. Des adaptations libres et loin de l’intrigue originale, qui partagent la communaute de fans, entre les amateurs d’absurde et les puristes.

Philippe Ogouz, voix française de Ken Le Survivant, a reconnu, des années plus tard, que les animes étaient “méprisés” par les chaînes qui achetaient les droits en masse. Dans une interview accordée à des fans, la voix française de Ken et de Capitaine Flam, mais aussi de Bobby dans Dallas, s’explique :

"Ken Le Survivant, c’était un doublage différent des autres. Pour les autres, on avait une traduction, c’était cartésien. Tandis que là, l’image nous intéressait assez peu, l’histoire nous intéressait assez peu. C’était violent, violent, violent. On voulait désarmorcer la violence, et on est partis sur des trucs délirants. (…) On faisait des concours, par exemple, le premier qui arriverait à caser “tasse de café”. Alors c’était dément parce que d’un seul coup Ken disait : “Non, j’irai sur la planète, mais avant je prendrai une tasse de café"

5 séries inédites en France mais déjà sur seriessub

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Extrait d’un épisode de Bob’s Burger (Capture d’écran)

Sur Seriessub.com, on peut trouver les sous-titres des séries connues comme Lost, Mad Men, How I met Your Mother ou encore True Blood. Et puis il y a les autres, moins réputées car inédites en France. Voici les 5 shows dont vous n’auriez jamais eu connaissance sans les sérievores que sont les membres de la communauté Seriessub.

  • Bob’s Burger (animation)

Bob Belcher est un restaurateur. Avec son épouse Linda et ses trois enfants, Tina, Gene et Louise, il dirige un petit restaurant qui vend des hamburgers. Le côté caustique de cette série d’animation, avec ses plaisanteries grivoises, la place plus du côté de Family Guy que des Simpsons.

Diffusé sur le réseau Fox (qui produit également les aventures de Homer et de sa famille), le show a attiré 9,38 millions de spectateurs pour son premier épisode, le 9 janvier 2011 enregistrant ainsi le meilleur démarrage pour un show cette année là. Il attire désormais régulièrement 5 millions d’amateurs, et a été prolongé pour une quatrième saison.

  • The Exes (comédie)

The Exes, c’est l’histoire de trois hommes mis à la porte après leurs divorces, et qui se retrouvent hebergés par leur avocate, la très sexy Holly Brooks. Cette série américaine, créée par Mark Reisman et diffusée depuis le 30 novembre 2011 sur TV Land, repose sur le fameux concept de la colocation, dans la lignée de Friends ou de How I met Your Mother.

  • Being Erica (comédie dramatique)

Erica Strange est une jeune trentenaire qui vit à Toronto. Considérant que sa vie est un échec, elle rencontre un jour un thérapeute, le docteur Tom. Ce dernier va lui offrir une opportunité incroyable : voyager dans le temps, et revivre les moments de son passé. Une expérience unique, qui permettra à la jeune femme de mieux comprendre son présent.

Derrière ce pitch original se cache une série canadienne dont le succès ne se dément toujours pas, quatre saisons après son lancement, en janvier 2009. Inédits en France, des épisodes entiers de la version québécoise de Being Erica sont cependant disponibles sur YouTube.

  • Falling Skies (science-fiction)

Après Terra Nova, Falling Skies est l’autre grosse série produite par Steven Spielberg. Le show reprend d’ailleurs des thèmes chers au réalisateur américain, et raconte l’histoire d’une bande d’humains qui s’organise pour tenter de survivre alors que la planète Terre a été réduite en ruines par une invasion extraterrestre.

Avec l’acteur Noah Wyle en tête d’affiche (le John Carter de Urgences), la première saison de Falling Skies débarquera sur NT1 en 2013, alors que les fansubbers de seriessub proposent déjà les sous-titres de deux des trois saisons que comptent déjà cette série.

  • $h*! My Dad Says (comédie)

Cette série, dont le titre se prononce “Bleep My Dad Says” est une série américaine diffusée sur CBS et qui reposait uniquement sur le réseau social Twitter. Le script de ce show s’inspirait en effet du compte de l’écrivain américain Justin Halpern, @shitmydadsays, qui faisait partager à ses followers les meilleures répliques de son véritable père. Le concept a finalement très mal fonctionné, puisque la série a été interrompue dès sa première saison.

“On ne traduit pas, on adapte” : témoignage de Nicolas, ancien fansubber

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Nicolas est un ancien fansubber. Sous le pseudonyme d’Alconis, le blogueur a participé à la fondation de seriessub.com. Pendant six ans, ce développeur informatique a sacrifié ces soirées pour sous-titrer ses séries préférées.

Crédit photo : Forum seriessub.com - Avatar d’Alconis



J’étais juste un fan de série, purement consommateur. Je me suis intéressé au sous-titrage, et ce n’est pas bien compliqué. Il n’y a pas de centre de formation mais des gens vous aident”, explique en riant Nicolas, alias Alconis, qui reconnait que le fansubbing devient vite très addictif.

On ne traduit pas, on adapte. Il faut donc trouver la bonne expression, tout en respectant la durée du dialogue. C’est un vrai challenge. Le fait d’être en team joue aussi beaucoup, comme un devoir de participation, parce que l’on se sent bien dans l’équipe.

La reconnaissance des pairs n’est pas le seul motif de satisfaction pour Nicolas. L’ancien fansubber avoue apprécier “la gratification personnelle à fournir toute la communauté de consommateurs”. Et au-delà des remerciements sur les forums, ce militant d’un nouveau genre a l’impression de faire bouger les choses.

Le fansubbing, c’est une vraie revendication pour que les versions originales sous-titrées soient plus accessibles. Il y a eu une proposition de loi en ce sens, (soumise par le député UMP Denis Jacquat, elle n’a pas été examinée). Avec la vidéo à la demande, on peut aussi retrouver les séries étrangères avec sous-titres. Ce sont d’importants progrès, et j’aime croire que les fansubbers y sont pour quelque chose.

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Crédit photo : Capture d’écran - Rome, l’une des séries adaptée par Yellow Sub Team

  • Moins de doublage, plus de versions sous-titrées

Mais que reproche-t-il exactement à la diffusion française des séries? A peu près tout. L’important décalage d’abord, souvent des mois, entre la diffusion originale et la diffusion française.

En France, on diffuse les épisodes dans n’importe quel ordre et tout est doublé. On perd la voix de l’acteur, qui compte pourtant beaucoup dans le personnage. On perd même parfois les sons d’ambiance ! On censure aussi certaines expressions, alors qu’elles contribuent à l’atmosphère globale de la série.

Pour se faire remarquer, les fansubbers ont dû gagner en crédibilité. “On a mis en place des règles très précises pour améliorer la qualité des sous-titres. Si l’on voulait faire entendre notre revendication, il fallait que l’on prouve que nous faisions du bon boulot”, explique l’ancien fansubber. Quitte à empiéter sur le travail des traducteurs professionnels. “On a bien conscience que le fansubbing fait perdre des clients aux professionnels. Mais à long-terme, si l’on arrive à démocratiser les sous-titres, il y aura un besoin grandissant de traduction”, insiste Nicolas.

  • Des représailles de la part des studios

Avec son équipe, Yellow Sub Team, l’informaticien accumulait les heures de travail nocturnes. “Nous étions quatre, et nous nous répartissions l’épisode et les différentes étapes techniques. Il me fallait en moyenne quatre heures pour faire l’adaptation et l’encodage d’une vingtaine de minutes.” Un rituel bien rodé, qu’il décrit heures par heures sur le forum SubFactory.fr.

Mais depuis 2009 et les menaces des majors, Nicolas a ralenti le rythme, jusqu’à arrêter complètement. “Suite à l’injonction de la Warner, on a tous reçu, par mail ou par courrier, des lettres plutôt violentes de mise en demeure. On a eu peur. On est des gens normaux après tout, on ne voulait pas aller en prison”, explique-t-il, comme en s’excusant.

Le trentenaire a désormais quitté le fansubbing, même s’il continue à suivre de très près les séries. Sous-titrées par d’autres.

Comment devenir un bon “fansubber” ?

Nuls by newrafael via Flickr, CC

Un travail sérieux, collectif… et encadré : pour devenir un membre à part entière de la communauté seriessub.com, il y a des règles à respecter. L’obligation de résultat est omniprésente dans l’esprit de ceux qui consacrent leurs journées (et leurs nuits) à sous-titrer des séries américaines, afin qu’elles soient à la disposition des internautes le plus rapidement possible.

Première obligation pour devenir le 273 740e membre du site seriessub.com : s’inscrire en renseignant simplement son e-mail et un mot de passe. Comme le précise le site, devenir membre de la communauté ne prend pas plus de deux minutes.

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Capture d’écran seriessub.com

S’il ne faut pas forcément avoir un compte pour télécharger les sous-titres - accessibles à n’importe quel visiteur - une inscription permet d’avoir d’accès au forum. Et donc de proposer ses services de fansubber.

Un règlement digne d’une entreprise de sous-titrage professionnel

Un membre de la communauté doit se plier à un règlement plutôt strict. En 10 articles, la charte définit l’ensemble des règles que tout bon fansubber se doit de connaître. Et respecter.

En plus des habituelles règles de respect propre à toute charte de forum (pas d’insultes, pas de contenus commerciaux), le site se veut exigeant sur l’orthographe : l’écriture SMS est bannie, mais les abréviations tolérées. Cette interdiction se comprend quand on sait que pour être un bon sous-titreur, un internaute doit évidemment ne pas faire de fautes d’orthographes.

Ce règlement a en fait tout d’une charte professionnelle telle qu’on pourrait en trouver dans les entreprises de sous-titrage. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard : en janvier 2010, le site Slate.fr expliquait que beaucoup d’internautes profitaient de cette formation en ligne pour se préparer avant de postuler dans des entreprises de sous-titrage.

Enfin, l’article 10 interdit toutes demandes de sous-titres : sur seriessub, un bon fansubber ne réclame pas des sous-titres. Il les propose.

Comment ça marche ?

Une fois qu’un nouveau membre s’est signalé auprès de la communauté, il peut rejoindre une équipe (team) via les sujets de recrutement. Pour chaque série, une équipe se crée.

Les fansubbers travaillent rarement seuls : réaliser des sous-titres est une activité longue et qui demande beaucoup d’étapes, de la récupération du fichier vidéo en anglais au ré-encodage du sous-titre synchronisé avec les dialogues. De la récupération de la vidéo brute en VO jusqu’à sa mise en ligne avec ses sous-titres, en passant, bien sûr, par la phase de traduction, chaque étape sera ainsi dispatchée entre les différents membres, en fonction des qualités de chacun.

Le site Rue89 expliquait en 2010 que pour un épisode de 42 minutes - soit la durée d’un épisode de Lost, de Mad Men ou de Desperate Housewives - pas moins de quatre personnes étaient attachées à la synchronisation de sous-titres (déjà traduit et écrit), afin que les répliques correspondent au temps de parole des acteurs.

Citant un fansubber anonyme, Slate a détaillé le travail des sous-titreurs autour d’un épisode de True Blood (d’une durée d’une heure) et sur lequel ont travaillé sept personnes. L’épisode en question est ainsi généralement disponible en version originale sous-titrée trois jours et une heure après sa mise en ligne en version originale. Au total, chaque membre de la team a travaillé sur cinq à dix minutes de l’épisode en question, et avait relu le travail de ses collègues afin d’éviter toute coquille.

La confidentalité est de mise

Cette activité étant illégale d’après le Code de la propriété intellectuelle, le règlement du site, dans son article 3, insiste également sur l’interdiction absolue de révéler publiquement le nom des intervenants ou d’un message privé, sans le consentement de ou des personnes concernées. Histoire de rappeler que malgré la passion qui l’anime, le fansubber reste un travailleur de l’ombre.

SériesSub, les sous-titreurs sauvages

Avec plus de 200 000 membres inscrits, Séries Sub fait office de référence pour les sous-titres de séries américaines, mais aussi espagnoles ou japonaises. Au total, ces fans d’un autre genre proposent chaque année les sous-titres de plus de 150 séries.
 

imageCrédit photo : Capture d’écran Seriessub.com

Lancé en 2006, le site a été animé pendant six ans par Starbuck, avant que celui-ci ne passe récemment la main, comme il l’expliquait lui même récemment sur le forum de son site :

"J’en suis à un point où j’ai besoin de me concentrer sur d’autres projets, donc je serais plus qu’heureux de laisser le flambeau à quelqu’un qui saura mettre du coeur à l’ouvrage."

Cette mise en retrait pose la question de l’avenir de Séries Sub : le nom de domaine expire en avril 2013, et sur les forums, beaucoup de membres de la communauté s’inquiètent de la suite des aventures du site.

Une communauté sérieuse, limite professionnelle

En attendant, le site continue de tourner. Une quinzaine d’épisodes en moyenne sont traduits chaque jour par les équipes du forum, selon un calendrier bien déterminé.
 
LOL s’abstenir, le fansubbing est une pratique sérieuse. Sur le forum, une liste résume qui fait quoi. Chaque utilisateur prévient les autres de la mise à disposition des nouveaux sous-titres, dans un post poli, avec vouvoiement et merci de rigueur. Au final, pas de fautes d’orthographes, des équipes bien définies, une organisation sans faille, quasi-professionnelle.

Les professionnels eux sont nombreux à voir dans ces traductions sauvages un déclin de leur propre activité. Interrogés par Slate.fr, ils reconnaissent le travail de qualité de ces fan un peu particuliers, même s’ils déplorent que “les fansubbers donnent l’impression que n’importe qui peut faire notre boulot”.

Pourquoi le fansubbing?

Pour ces fans, une seule motivation : la passion des séries. Les fansubbers ne sont en effet pas rémunérés pour leur important travail, souvent nocturne - une série étant diffusée le soir aux Etats-Unis. Une dévotion sans autre contrepartie que les remerciements des internautes.
 
Pour la plupart, ces épisodes sont encore inédits en France. Le travail méticuleux et acharné des fansubbers permet donc à plusieurs milliers d’internautes de savourer leur séries préférée, sans avoir à attendre le long rachat des droits par la télévision française.

Les séries télévisées mettent en effet plusieurs mois, voir années à traverser l’Atlantique. Certains n’y parviendront même jamais, faute de diffuseur français. La pratique, bien qu’illégale, permet donc de satisfaire l’appétit du public. Inquiété par la Warner, comme de nombreux autres sites, Series Sub a du renoncer à sous-titrer certaines séries, comme Fringe ou The Office

Le fansubbing en 10 questions

Les milliers de “sériesvores” ne pourraient pas se passer de leur travail. Grâce à eux, les diagnostics de “Dr House” étaient compréhensibles pour ceux qui n’avaient pas fait médecine, option anglais. Et pourtant peu de spectateurs prêtent attention à ces pseudonymes qui défilent entre le générique et la première scène.


imageCrédit photo : Capture d’écran Youtube.

  • Qu’est-ce qu’un ”subber” ?

Un fansubber ou subber, réalise les sous-titres de séries télévisées ou de films étrangers et les met à disposition sur internet. L’internaute peut ainsi regarder des séries étrangères avec des sous-titres en français, quelques heures seulement après leur diffusion dans leur pays d’origine. Une aide précieuse pour les fans non-anglophones de Breaking Bad et autres, mais à la limite de la légalité…

  • Comment s’organise/travaille la communauté ?

L’un des intérêts de la communauté est de favoriser le travail de groupe. Le subbing est une activité qui nécessite de la rapidité - une série devant être disponible le plus vite possible - et une répartition des nombreuses tâches permet d’accélérer la mise en ligne. Lorsqu’un nouvel épisode est disponible, les subbers s’organisent alors en équipes, en teams. De même, plusieurs personnes peuvent effectuer simultanément une seule et même tâche, comme la traduction des dialogues.

  • Qui sont les grands noms/sites du fansub ?

En France, la communauté des subbers s’est essentiellement développée via les forums. Quelques premiers sites de référence, comme Forom ou Subfactory ont lancé le mouvement. Dans la lignée, d’autres communautés sont devenus de lieux de rendez-vous, comme seriessub.com.

En 2009, une douzaine de sites français ont reçu une mise en demeure du département antipiraterie de Warner. Plusieurs forums de fansub ont alors préféré fermer avant toute poursuite judiciaire. Mais pour contrer la loi, une nouvelle plateforme, sous-titres.eu, fut créé. Hébergée à l’étranger, elle est hors de portée de la loi française et est aujourd’hui une référence en la matière.

  • Les séries US sont-elles les seules à être sous-titrées?

L’essentiel du travail des fansubbers concerne les séries américaines, de Mad Men à The Big Bang Theory. Mais certains sous-titreurs se sont spécialisés dans d’autres types de séries : les animées, les séries asiatiques, les telenovelas hispanophones, etc.

  • Les fansubbers ne sous-titrent-ils que des séries ?

Non, pas forcément. Les communautés de fans peuvent aussi sous-titrer des films, mais les longs-métrages ne constituent pas la principale cible, à cause du faible écart de diffusion entre les versions américaine et française. L’animation japonaise (japanimation) représente également une grosse part de leur activité.

  • Faut-il une formation pour devenir fansubber ?

Techniquement, non. Mais certains sites réclament cependant certaines compétences à ceux qui voudraient se lancer. Une bonne maîtrise de l’anglais est évidemment requise. Des qualifications techniques sont également indispensables. Une fois un épisode téléchargé et ses dialogues récupérés, ceux-ci doivent être traduits, puis minutieusement calés sur la vidéo à l’aide de logiciels spécialisés. Il arrive donc parfois que d’anciens membres de la communauté forment les nouveaux à distance, une formation qui peut prendre plusieurs mois.

  • Est-ce légal ?

Le “sous-titrage sauvage”, tel que défini dans la loi française, est illégal dès lors que l’oeuvre sous-titrée est protégée par des droits d’auteur, et ce, même si elle n’est pas exploitée en France. Le code la propriété intellectuelle précise en effet que la traduction sans consentement de l’auteur est illicite. Certaines grandes compagnies ont d’ailleurs lancé des procédures contre les sites spécialisés, entraînant leur fermeture.

Dans la pratique, beaucoup de fansubbers se défendent en affirmant retirer leurs sous-titres du web dès qu’une version officielle est disponible.

  • Les sous-titres sont-ils relus avant d’être mis en ligne ?

Normalement, tous les sous-titres sont relus, au moins par un correcteur automatique. Mais il faut distinguer les fastsub, sous-titres rapides, et les propersub, sous-titres “propres”.

Les fastsub sont réalisés au plus vite.  La rapidité de la disponibilité prime alors sur la justesse et ils peuvent présenter des fautes d’orthographe ou de frappe.

Les propersub sont des versions corrigées des sous-titres, ne présentant normalement aucune erreur. Elles sont disponibles moins rapidement après la diffusion de l’épisode.

  • Les dialogues sont-ils traduits directement en écoutant la série ou en lisant les sous-titres anglais?

Les deux, suivant le niveau de difficulté! Les fansubbers utilisent généralement le sous-titrage en anglais à destination des sourds-muets, qu’ils traduisent. Mais ils peuvent également faire une transcription directe des dialogues, à l’écoute.

  • Un sous-titre sauvage traduira-t-il tout, y compris les insultes, les jeux de mots, les élements sonores ?

La traduction des expressions violentes et haineuses dépend de la ligne de conduite de l’équipe de sous-titreurs. Si cela fait partie intégrante du style de la série, le langage grossier sera traduit.

Les jeux de mots, souvent difficiles à traduire, sont eux aussi laissé à l’appréciation des fansubbers. Ils peuvent soit lui trouver un équivalent en français, soit expliquer le jeu de mot entre parenthèses, soit le laisser tel quel, souvent dans le cadre d’une fastsub.

Les élements sonores, tels qu’on les trouve dans les sous-titres pour malentendants, sont rarement repris. Il peut toutefois arriver que certaines équipes les intègrent pour une meilleure compréhension.